Le Système  ›  Partie V · La constitution et l’État

§17 · Partie V

Droits, crime et la justice comme rééquilibrage

La justice est rééquilibrage, mais nettement bornée. La coercition se déclenche sur des actes manifestés, jamais sur une intention perçue : le capteur peut lire une disposition dans l’agrégat, mais le glaive n’atteint que l’acte. La loi est non-rétroactive ; la sanction dissuade, elle ne se venge pas ; et elle est mesurée, non maximale, opposant à la lésion une correction proportionnée, ni la vengeance qui sur-corrige, ni la clémence si totale qu’elle efface la différence entre le coopérateur et le défecteur.

Le seuil de la coercition est le principe du tort dans sa forme minimale, énoncé comme réciprocité : interdire l’imposition d’un tort d’un cadre à un autre ; ne jamais imposer une conception du bien. Au crime on répond en restaurant le vecteur que l’acte a endommagé, non par une vengeance morale, et l’intérieur inviolable de la personne est une limite qu’aucune force ne peut franchir.

Ce que cela signifie

La justice dans l’Axiacratie est un rééquilibrage, mais tenu en laisse serrée. Le capteur peut lire que quelqu’un nourrit des vues extrémistes, une disposition, mais le glaive n’atteint que l’acte : une pensée n’est jamais un crime. La loi est non rétroactive : nul ne peut être puni en vertu d’une règle qui n’existait pas au moment où il a agi. La sanction dissuade, elle ne venge pas : son ampleur est fixée pour prévenir le prochain préjudice, non pour assouvir une vengeance. Et elle est proportionnée : au dommage répond une correction, ni la vengeance qui punit à l’excès, ni la clémence si totale qu’elle efface la différence entre celui qui coopère et celui qui trahit. Au crime, on répond en restaurant l’axe que l’acte a endommagé, non par un règlement de comptes moral avec l’âme.

Pourquoi l’Axiacratie en a besoin

Un État capable de voir l’intention serait tenté de la punir, la route directe vers le crime de pensée, et un rééquilibreur poursuivant le vecteur pourrait se sur-corriger en son nom. Ce § existe pour maintenir la coercition bornée aux actes manifestés, légale, proportionnée et visant la restauration, afin que le vaste pouvoir de percevoir ne devienne jamais un vaste pouvoir de punir.

Comparé à d’autres approches

C’est la réforme pénale de Beccaria et de Bentham, la dissuasion plutôt que la vengeance, la proportion plutôt que la cruauté, ainsi que le principe profond de la common law selon lequel il n’y a pas de crime sans acte manifesté (actus reus), contre toute tentation de « pré-crime ». La non-rétroactivité et la dissuasion-non-vengeance sont les lois de nature de Hobbes (Hobbes) ; la clause de réciprocité et le « rendre l’injustice par la justice, non par la bonté » sont de Confucius (Confucius) ; le principe de préjudice qui fonde toute la clause est de Mill (Mill). Ce qui domine tout cela, c’est la Charte, §16.